mardi 16 mai 2006
René Girard à Poissy le 11 mai 2006.
Par Quentin Delval, mardi 16 mai 2006 à 15:44 :: Vulgarisation
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mardi 16 mai 2006
Par Quentin Delval, mardi 16 mai 2006 à 15:44 :: Vulgarisation
mercredi 10 mai 2006
Par Quentin Delval, mercredi 10 mai 2006 à 19:21 :: Questionnements
Deuxième proposition d'article à creuser : la possibilité de définir l'art d'après des critères mimétiques. La définition de l'art pose toujours problème aujourd'hui : les critères varient des aspects institutionnels (l'art est ce qui est exposé dans les musées / shows / galeries), aux aspects académiques (l'art est ce qui est produit en suivant un savoir faire exceptionnel), en passant par d'autres comme les critères de type anthropomorphiques (l'art est tout ce qui est expression sensée, qui est le propre de l'homme), etc.
Un premier découpage peut donc proposer deux pôles extrêmes servant à définir le concept d'art. Le premier pôle est celui de l'objet. C'est l'objet, en soi, qui est de l'art. Si tel n'était pas le cas, le sujet ne pourrait pas le voir comme tel. L'autre pôle est bien sûr celui du sujet : c'est l'individu qui détermine ce qui est artistique ou non, ce qui explique que ce qui était de l'art à telle époque cesse de l'être à telle autre. Evidemment toutes les nuances entre ces deux pôles sont possibles, jusqu'à la position relativiste qui dit que c'est une dialectique entre les deux pôles qui détermine finalement ce qu'est l'art (autant ontologiquement que factuellement).
Un second découpage synthétisant le premier serait donc le suivant : l'art est soit un transcendant soit un immannent. Soit il est purement extérieur au sujet qui l'a produit, soit il est entièrement déterminé par lui (ou les institutions comme les musées, qui comptent comme des subjectivités). La question qui se pose alors est de savoir si un point de vue mimétique peut synthétiser ces deux oppositions en un mécanisme unique. La proposition de l'article sur le sujet serait de dire que l'art est le résultat d'un consensus mimétique autour d'un objet.
Dans l'idée d'un consensus mimétique autour de l'objet, on retrouve (il faut le démontrer) en effet les caractéristiques des deux pôles : la relation à l'objet sans qui l'art ne pourrait pas exister (postion objectiviste), ainsi que l'intervention du sujet et de la communauté sans qui cet objet ne serait pas perçu comme de l'art (position subjectiviste). On sait ce que la relation à l'objet a de particulier dans la théorie mimétique : le lien direct est toujours vécu par le sujet, alors qu'il est en fait médiatisé par autrui. Partant de cette idée, on peut considérer l'objet d'art comme cet objet désiré mimétiquement. Chacun étant persuadé de la vertu de cet objet pour lui-même, alors qu'en réalité ce n'est que la mimesis du jugement des autres sur cet objet qui s'exprime dans cette appréciation.
Cela explique les changements de critères par époque, cela explique aussi la non-unanimité par époque des critères : l'art contemporain par exemple serait un beau cas d'étude dans la mesure où là, plus clairement qu'ailleurs, une scission nette s'établit entre ceux qui prétendent que "c'est de l'art" et ceux qui prétendent que ce n'est que du businesse ou de "l'inflation rhétorique". Si le réel critère de définition de l'art est un consensus mimétique autour de certains objets rangés dans cette catégorie, ces divisions deviennent logiques.
Dans cette définition beaucoup d'objets entrent dans la catégorie d'objets d'art, notamment tous les produits culturels de masse, voir les produits industriels de consommation large (que tout le monde désire, par définition). Il faudrait donc pouvoir se demander si "l'art comme consensus mimétique" permet réellement de spécifier la nature de l'art, en traitant des questions comme celle de la musique. Peut-on comparer Mozart à Lorie comme forme d'art si le consensus mimétique autour de chacun est aussi "fort" dans les deux époques ? Pour enrichir la réflexion vous pouvez m'envoyer un mail ou laisser un commentaire ici même.
Par Quentin Delval, mercredi 10 mai 2006 à 18:51 :: Questionnements
Voilà déjà un moment que j'essaye de formaliser un article sur l'épineuse question de l'avortement. Epineuse car ne faisant toujours pas à l'heure actuelle l'objet d'un consensus social, et qui divise même les membres de même confession. Je pense qu'il est possible de relire cette question du point de vue mimétique. Plus précisément, je pense qu'il est possible de cadrer cette question autour de celle de l'exclusion : est-ce que les différentes positions éthiques autour de l'avortement ne sont pas simplement réductibles à un choix de critères déterminant à partir de quel seuil on accepte ou rejette un membre de la communauté (l'enfant en développement, ou la mère enceinte).
L'idée donc serait de poser cette question : peut-on retraduire toutes les positions éthiques dans ce débat au point de vue de l'exclusion ? L'enjeu de l'avortement serait uniquement déterminer qui est "dedans" ou "dehors". A partir de ce cadrage, différentes sous-questions émergent naturellement quand on se place dans le cadre girardien : le foetus est-il déterminé comme bouc-émissaire par certaines positions (a-t-il une fonction sacrificielle ?) qui autorisent l'avortement ? L'interdiction de l'avortement peut-elle se ramener à un interdit mimétique (similaire à l'interdit de meurtre, avec pour objectif d'éviter la vangeance) ? Le point de vue mimétique permet-il une comparaison (ou commensurabilité) des différentes positions ? (C'est-à-dire permet-il de créer des critères de comparaison ?)
On peut retourner ces questions également pour envisager un aspect plus sociologique (descriptif) : est-ce que l'autorisation de l'avortement dans les sociétés occidentales modernes découle directement de la désacralisation ? Ou défend-t-on vraiment d'autres valeurs positives ?
Les arguments qu'on récolte en général dans le débat sur l'avortement sont, schématiquement, les suivants : 1) L'homme (la femme) est libre de disposer de son corps et a droit de vie et de mort sur le foetus (généralement avant un certain stade du développement, avant lequel la médecine considère qu'on a pas affaire à un "individu" mais à des "molécules"). 2) Dieu seul peut décider, nullement les hommes, de la mort. 3) L'alternative relativiste qui laisse la liberté individuelle régler le problème : chacun doit agir selon ses convictions sans discrimination.
Il est probable que le troisième choix soit celui qui traduise le moins un choix de civilisation, cependant les trois points de vues ont en commun la détermination d'un degré de l'exclusion : ce qui change, c'est le lieu de la décision, les critères du choix. Ils sont 1) Immanents 2) Transcendants 3) Indéterminables. Ce qu'il faudrait donc faire serait de comparer les position immanentes et transcendantes pour montrer qu'elles ne découlent que d'une même origine, d'un même mécanisme mimétique, sacrificiel, etc.
Pour les lecteurs désireux de proposer des pistes de rédaction à ce sujet et/ou de formuler des critiques, vous pouvez m'écrire un mail ou laisser vos idées directement dans les commentaires. Une fois un article bâti, il sera publié.
vendredi 7 avril 2006
Par Quentin Delval, vendredi 7 avril 2006 à 12:37 :: Vulgarisation
Voici le texte retranscrit d'une présentation portant sur Girard, que nous avons donnée le 28 mars au Cercle des Etudiants en Philosophie de l'Université Catholique de Louvain (Louvain-la-Neuve, Belgique). La forme du texte reste très orale puisqu'il s'agit d'une transcription depuis enregistrement. Des documents annexes sont mis à disposition en début de texte : transparents utilisés, texte au format .pdf, images utilisées, fichier .mp3 de la soirée, extraits vidéos. Les noms des participants précèdent leurs interventions sauf quand je n'ai pas pu les identifier, auquel cas j'ai simplement écrit "intervention dans le public". Il est à noter que l'enregistrement comporte parfois des passages parasités. La transcription fait environ 30 pages, pensez à l'imprimer pour un meilleur confort de lecture !
mardi 4 avril 2006
Par Quentin Delval, mardi 4 avril 2006 à 13:25 :: General
Pas de post depuis un certain temps, nous étions occupés à préparer une présentation donnée ce 28 mars. Nous la mettrons prochainement en ligne, ce qui devrait donner à ceux qui en ont envie un certain bout à se mettre sous la dent! Ca devrait être fait d'ici la semaine prochaine.