La philosophie effective chez René Girard

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mardi 11 septembre 2007

La crise financière des subprime - les limites d'un système d'analyse rationnel ?

L'étalement de la crise dite "des subprime" dans les médias ravive les discussions autour des fondements du système économique occidental. Les uns défendent les fondations dites saines, expliquant que les crises peuvent survenir mais que c'est en les étudiant qu'on les préviendra à l'avenir, les autres dénoncent la fragilité de toute l'économie qui, dans sa financiarisation finit par provoquer des absurdités telles que les bulles spéculatives, qui créent de la valeur de façon totalement artificielle. La crise des subprime serait l'illustration de cette absurdité puisqu'à valeur artificielle ne correspond pas de valeur réelle, et le système s'effondre. Mais le fonctionnement du système économique n'est pas l'objet de ce court billet. Ce qui nous intéresse dans le cas présent, c'est la réaction du système face à son propre dysfonctionnement.

Il y a une crise d'envergure. On parle de 3 à 7 millions de familles perdant leur maison, et même d'une menace "de la stabilité financière de la planète" [Le Monde - 07.09.07]. Forcément, les "experts" essayent de savoir d'où elle vient et comment y mettre fin. Seulement voilà, ici, même si le mécanisme de base est connu (le seuil où les remboursements ne suivent plus et les intérêts montent en flèche, créant un cercle vicieux), on ne parvient pas à localiser LA faille. Nul ne sait combien de temps ça va durer, nul ne sait ce qu'il faut faire exactement pour gérer le problème, on réinjecte des liquidités, on baisse des taux, mais au final, ça continue. L'article "La crise de confiance s'aggrave sur les marchés" publié dans Le Monde du 7 septembre, montre à quelle conclusion en arrivent les analystes.

"Pourquoi personne ne parvient à localiser la faille ? Comment en est-on arrivé à une situation si paradoxale ? Nous manquons d'explications", constate Philippe Brossard, économiste chez Euler Hermes. De fait, la crise a une part d'irrationalité qui semble auto-alimentée par les inquiétudes des investisseurs.

Ce passage est intéressant pour plusieurs raisons. D'abord pour le présupposé de rationalité qu'il dévoile : quand les choses ne vont pas comme on s'y attendait dans le système, on dit qu'il y a comportement irrationnel. C'est une méthode efficace pour rejeter une possible remise en cause du système lui-même, en rejetant hors de ses frontières le dysfonctionnement. Le système EST rationnel, faut-il comprendre, et s'il y a problème, c'est parce qu'un élément irrationel, DE FAIT, est-il écrit, vient le perturber. C'est donc OBJECTIF, pour le journaliste qui écrit, et probablement une majorité de la profession.

Mais ce qui marque davantage et nous rapproche de la théorie mimétique, c'est l'intuition concernant la nature de cette irrationalité qui est proposée : elle semble être auto-alimentée par les inquiétudes des investisseurs ! Plus loin on peut lire "tout le monde se regarde en chien de faïence", ou "l'ingrédient principal qui manque, c'est la confiance". Le lien entre confiance et rationalité est vite fait, mais tout le monde réagit comme si le manque de confiance était irrationnel.

Pourtant, il suffit de se dégager de ce présupposé rationnel pour voir que le modèle économique qui le définit ne considère qu'une seule facette de ce qu'on peut appeler la rationalité, une facette très moderne qui tend à gommer tout ce qui peut introduire de l'incertitude dans les prévisions du marché. Le but du système est de fournir un environnement fonctionnel et stable, donc certain, aux investisseurs, traders, etc. Devient rationnel ce qui entre dans ce cadre de stabilisation du système, et devient irrationnel ce qui en sort. Malheureusement, les crises chroniques viennent questionner cet état de fait en montrant que malgré toutes les précautions prises, et bien, ça ne marche pas si bien. Pourquoi ? Peut-être parce que ce présupposé rationnel néglige un élément anthropologique fondamental au sein de ses fondements, qui est tout simplement le comportement mimétique de la bourse, des échanges en général, de ses acteurs. C'est assez paradoxal dans la mesure où c'est en jouant sur ce mécanisme que l'on crée de la valeur (effets d'annonce, etc.) en bourse, mais lorsqu'il y a une crise, personne ne semble pouvoir appliquer ce modèle sur lui-même et voir que la crise vient aussi surtout du comportement mimétique des acteurs qui, voyant les uns se désengager, le font exactement par suite d'une mimesis d'appropriation. Le "désir" de posséder change de camp : ce dont personne ne veut, personne n'en voudra. Ca paraît très simpliste dans le cadre d'une économie mondiale ôh combien complexe, et pourtant...

Pourtant c'est parfaitement rationnel, et nullement étonnant d'un point de vue anthropologique et girardien. C'est même prévisible, ce qui constitue de ce point de vue une critique des fondements du système économique occidental. Il n'est pas capable d'intégrer dans son fonctionnement la composante mimétique, qui introduit non pas de l'incertitude comme il le pense, mais une autre mécanique que celle mise en place. Envisager la transformation du système est théoriquement possible - il n'y a, a priori, pas de raison de penser que cette composante ne puisse pas être intégrée au fonctionnement des marchés. N'étant pas économiste, j'aurais bien du mal à en proposer une forme ou l'autre, cependant. L'idée étant simplement ici que le présupposé de rationalité du système pourrait s'ouvrir à la catégorie mimétique pour améliorer son fonctionnement...

Et du coup cesser d'être sacrificiel. Car un autre élément étonnant de cette crise, c'est bien son aspect sacrificiel. Que se passe-t-il concrètement ? Des privés ne peuvent plus rembourser des prêts aux banques, qui elles-mêmes se retrouvent en difficulté pour rembourser les leurs auprès des autres banques, qui refusent aussi de leur en prêter davantage pour s'en sortir, étant donné l'incertitude qui règne. Réaction ? Les autorités monétaires internationales protègent le marché, le système, en injectant des liquidités (c'est-à-dire des offres de prêt aux banques qui en ont besoin et ne parviennent plus à emprunter aux autres banques). Le résultat c'est la sauvegarde des banques, mais... les privés qui payent la note, laissés sur la touche. C'est pas de bol pour Monsieur X qui avait souscrit à un prêt à taux variable. Au final : le système espère se sauvegarder, voire même se retrouver renforcé par la crise (comme n'importe quelle communauté), appuyé qu'il est sur la faillite des emprunteurs individuels, qui font structurellement office de bouc émissaire de façon assez évidente. Pour eux, point de salut : ils ont tout perdu, et c'est tout. N'y a-t-il pas là aussi un élément gérable par la théorie mimétique (au moins théoriquement) ?

Ceci n'est qu'une intuition sur le fonctionnement global, n'étant pas économiste j'invite toute personne ayant un point de vue différent ou des remarques à formuler, à laisser un commentaire ou m'envoyer un mail.

mercredi 5 septembre 2007

La mimesis d'appropriation chez les primates supérieurs.

Petite vidéo pour rigoler, montrant le mécanisme de mimesis d'appropriation chez un chimpanzé. Comme vous le verrez, la configuration de l'événement insiste très fort sur la symétrie des situations, l'identique des deux, le même. La convergence des désirs est inévitable et ce singe a une réaction qui semble étrangement humaine. Bon, ne faites pas trop attention à la forme, ça vient du japon...

vendredi 6 avril 2007

Le mécanisme victimaire et mimétique appliqué à la structuration des partis politiques.

Très court billet pour vous faire part d'un article disponible ici : http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=2907 dont le titre, "Le centrisme comme erreur anthropologique... et Bayrou comme vote révolutionnaire", annonce bien la couleur du contenu. Le Centrisme y est abordé sous l'angle de l'indifférenciation, source d'une résurgence de la violence dans la structuration politique elle-même. L'auteur s'explique ensuite sur les possibles évolutions des partis, avec une belle illustration de la puissance générative du mécanisme victimaire.

mardi 27 mars 2007

La valeurs des bien de consommation et la mimesis : le prix ne détermine pas la valeur.

Je vous propose de vous pencher sur un exemple récent de comportement mimétique qui touche au fonctionnement de la société de consommation. Il s'agit d'un domaine de l'industrie qui génère des milliards d'euros de chiffre d'affaire par an, et dont on parle finalement peu : les jeux vidéos. Dernièrement la presse s'est prise d'un engouement pour le phénomène de la nouvelle génération de consoles de jeux, dont chaque sortie est couverte par des dizaines de journalistes interrogeant, le micro fébrile, les premiers acheteurs de ces produits ludiques, lors de soirées d'ouvertures dans les magasins ouvrant leurs portes à minuit rien que pour ça. En somme : le phénomène de consommation de jeux vidéos a pris une énorme ampleur sur la marché ces derniers temps, et il fascine d'autant plus qu'il semble déclencher l'ire des foules pour des raisons inconnues.

Cet exemple est intéressant parce qu'il met en scène trois grands industriels (Nintendo, Microsoft, et Sony) qui cherchent à polariser l'envie d'achat (le désir) des consommateurs sur leurs produits, et qu'ils sont obligés pour ce faire de recourir plus que jamais à des techniques qui sortent complètement de la réalité du produit. Par exemple si vous vendez des voitures, vous développerez bien entendu une image de vie associée à celle-ci (avoir telle voiture c'est être riche et puissant, ou cool et branché), vous vanterez sa sécurité et ses performances techniques, mais globalement la voiture reste le centre de l'attention et est censée être désirée pour elle-même. Dans le cas des consoles de jeux, on assiste à un autre phénomène : la technique marketing consiste à créer ce qu'on appelle un "buzz" (c'est-à-dire un désir mimétique) autour de la sortie de la console pour donner envie aux gens de l'acheter, peu importe finalement le produit lui-même. Si ce buzz est réussi, les ventes décollent et atteignent des millions d'unités en quelques semaines. La presse a relevé que Nintendo a par exemple réussi avec sa "Wii" à générer une vente telle que des mois après la sortie, ils ne peuvent toujours pas fournir assez de consoles pour tout le monde.

Il s'agit donc ici du même mécanisme que pour la vente de tout autre produit, mais qui fonctionne à l'exponentielle. La place du buzz est déterminante. Le désir d'appropriation du produit dépasse alors ce qu'on peut généralement observer autour d'un bien de consommation (sauf peut-être pendant les soldes, où on assiste toujours à des bagarres). La valeur de l'objet - qui, rationnellement, reste disponible sur le marché après le jour de sa sortie - s'envole alors parce que tout le monde le veut le jour même où il est mis sur le marché. Rien d'autre que le fonctionnement du désir mimétique d'appropriation ne peut expliquer cette envolée de la valeur de l'objet. On peut voir dans la vidéo ci-dessous ce qu'il se passe lors de la sortie de la PS2 de Sony en 2000 : le mécanisme mimétique est en place, et les organisateur de la soirée d'ouverture ont placé l'objet désiré au centre de la foule, qui va converger vers lui. Il en résulte inévitablement une violence entre les individus qui en viennent aux mains. D'un point de vue girardien il s'agit d'une évidence qu'ils n'ont pas anticipé. On voit sur cette vidéo les agents de sécurité engloutis par la foule. C'est une belle illustration du mécanisme d'appropriation et de la genèse de la violence.

En résumé nous avons donc là l'illustration du fait qu'un objet peut prendre une valeur qui dépasse énormément celle qu'il est censé avoir de par lui-même.

La semaine passée a eu lieu le lancement de la PS3, la console succédant à celle-là. On a observé le phénomène inverse : un bide total, avec 1000 clients attendus pour l'occasion, et entre 50 et 100 acheteurs qui se sont déplacés. Sony avait mis en place une grosse infrastructure pour essayer d'endiguer la foule et éviter la cohue de 2000, mais personne n'est venu. L'ensemble des journalistes présents (il y en avait plus que de clients) a analysé cet échec (que n'avait pas subi leur concurrent Nintendo quelques mois auparavant pour la sortie de la Wii) par l'arrogance de Sony : comprenez que Sony n'a pas pris la peine de générer un "buzz" sur internet dans les jours précédent la sortie de sa console, et que sa campagne marketing générale n'a pas non plus réussi à susciter la mimesis autour de cet objet. L'image de marque de Sony a tellement été déteriorée ces derniers mois par son incapacité à générer une mimesis que l'effet inverse se produit : les acheteurs se désintéressent de la console. Et a nouveau, au-delà de raisons liées à la valeur matérielle et fonctionnelle de la console. L'effet mimétique s'est inversé. D'un point de vue "objectif", ses performances et ses capacités à divertir sont au moins équivalentes aux autres, elle n'est pas par elle-même "moins bonnes". C'est aussi par le jeu de la mimesis d'appropriation que la valeur diminue dans des proportions étonnantes. Le vidéo ci-dessous rapporte la situation de cette soirée de lancement où on voit l'étendue de l'échec commercial qui a de quoi surprendre.

Nous avons donc là l'illustration du fait qu'un objet peut perdre sa valeur de façon "exagérée" par rapport à celle qu'il est censé avoir en lui-même

Parmi les nombreux à avoir commenté l'événement, on trouve notamment cette jolie anecdote sur le site du journal du gamer, dans l'avant dernier paragraphe :

J'ai même vu un couple repartir sans PS3, je leur ai demandé pourquoi ? Ils m'ont tout simplement répondu que vu le peu d'engouement, ils n'étaient plus du tout tentés alors qu'ils avaient fait le déplacement !

En termes d'illustration du mécanisme mimétique, la "guerre des consoles" procure une matériau assez clair. Le mécanisme dominant et déterminant dans le phénomène de consommation est la mimesis d'appropriation. Ceux qui réussissent à la déclencher en observent les effets immédiats, ceux qui échouent aussi : pour des objets au statut comparable en soi et plus ou moins équivalents, les différences de réaction (frénésie acquisitive / désintérêt total) sont indépendantes de l'objet lui-même, et dépendantes du vecteur imitation qui leur a été ou non greffé.

vendredi 17 novembre 2006

Des influences de la mimesis sur le façonnage du corps.

C'est la seconde fois en deux mois que nous sommes informés par la presse de la mort d'une mannequin, suite à des complications de santé liées à l'anorexie. Le 16 novembre, Ana Carolina Reston Macan est décédée d'une infection généralisée qui était elle-même le résultat d'une infection urinaire bénigne que son corps n'a pas pu repousser, faute d'énergie. Celle-ci, paraît-il, ne se nourrissait plus que de pommes et de tomates.

Cet événement fait écho à d'autres dont on a aussi parlé, les problèmes de santé liés au dopage et aux sportifs désireux, à l'inverse des femmes mannequin, de prendre de la masse corporelle de façon importante. On pense ici aux culturistes qui se gonflent les muscles dans des proportions gigantesques. Ce comportement, symétriquement opposé à l'autre (même si les mécanismes psychologiques sont différents évidemment), lui ressemble pourtant d'un point de vue anthropologique, du moins voudrais-je en donner l'intuition ici.

Ces comportements présentent en effet un point commun : ils sont spécifiquement humains. Bien que l'anorexie ait des causes psychologiques multiples et complexes, l'anorexie des mannequins est caractérisée par une pression forte de correspondance à des normes esthétiques du milieu. On parlera donc dans ce cadre d'une anorexie partiellement mais fortement induite par un milieu précis, celui de la mode. La similitude entre un comportement d'expension ou de réduction du corps se situe dans ce qui motive celui-ci, c'est-à-dire une pression mimétique.

Le milieu de la mode est par essence celui du mimétisme, puisque la mode joue un rôle différenciateur dans la société. Les mannequins se conforment à des normes très rudes d'apparence pour devenir ce que l'on nomme, de façon innocente ?, des "modèles", qui sont concrètement des bouc-émissaires positifs de notre temps. Elles sont des stars, enviées et imitées, font la couverture des magazines, chassées par les photographes, et leur vie privée fait scandale dès qu'elles font un écart dans la drogue ou la boisson. Le mannequin de mode est donc en quelque sorte sacralisé par notre société, bien que de manière invisible, car obéissant à une logique qui est celle de la consommation : leur statut semble lié aux marché et aux produits qu'elles portent, plus qu'à la véritable source d'imitation qu'elles représentent. Mais le milieu de la mode est un amplificateur de cette pression mimétique. Il instaure une concurrence directe entre tous les mannequins, repousse toujours les limites de la conformité à la norme de la maigreur, jusqu'à la mort, dans le cas présent. Ces femmes maigrissent à ce point par pression mimétique à leur encontre, par appel du milieu à faire d'elles ces "modèles", ces bouc-émissaires positifs, adorés, imités, mais néanmoins exclus de la "vie normale" d'une certaine façon. Elles sont "hors communauté", comme tout modèle qui devient incarné dans un être vivant.

Le culturisme obéit à la même logique, et c'est ce qui transparaît très nettement dans un ancien documentaire intitulé "Pumping Iron", tourné au temps où Arnold Schwarzenegger concourrait pour le titre de Mister Universe, qu'il gagnât 7 fois. On y voit des hommes s'entraînant au-delà de leurs limites pour prendre de la masse, parfaire la symétrie de leur musculature, assécher celle-ci pour la rendre saillante. Interrogés sur les raisons poussant à cette passion, ils répondent : vouloir être différent, vouloir avoir sa place. Et cela est très difficile, car ici aussi, ils se placent tous en concurrence directe. Dans les salles, chacun s'entraîne pour vaincre un autre. Ainsi "l'adversaire" de Schwarzenegger, crie-t-il "Arnold! Arnold! Arnold!" à chaque fois qu'il soulève un poids. La pression mimétique est très forte là aussi, peut-être moins directement que dans le cas du mannequinat, car le culturisme est moins visible dans les médias, mais l'intérieur du milieu est semblable. D'autre part, la norme des mannequins homme s'approche souvent de celle du culturisme, excès mis à part : corps répondant aux exigences de symétrie et de fermeté que représentent Apollon. Dans ce milieu également, nombreux sont ceux à tomber malade de cette activité : dopage, usure des tendons et du corps en général...

Ces deux activités participent de ce point de vue d'une même logique mimétique : bâtir un corps qui deviendra modèle parmi les modèles, gagnera à la fois la concurrence entre les modèles, mais s'établira aussi comme une incarnation sociale à imiter. Schwarzenegger n'est-il pas devenu star lui aussi, puis gouverneur ? Si nous retranchons les composantes mimétiques de ces activités, elles perdent leur sens. Et plus on augmente la pression mimétique dans celles-ci, plus on retrouve les excès sur les corps. Mister Universe se gonfle pour le rester, et Ana Carolina Reston Macan cesse de s'alimenter pour surpasser ses rivales (et probablement d'autres raisons personnelles). Cet exemple confirme à nouveau que la société a toujours tendance à produire des boucs émissaires, négatifs (exclus sur lesquels on place tous les maux, comme les SDF, personnes violentes ou immorales, etc.), ou positifs (personnes valorisées à l'excès à qui on attribue au contraire la capacité d'améliorer les choses, et que l'on aura tendance à imiter plus facilement). Et que le destin des boucs émissaires est bien une forme d'exclusion, soit qu'on les repousse, soit, ici, qu'on les imite.