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  <title>La philosophie effective chez René Girard</title>
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  <title>Petit commentaire sur la crise financière (vite fait).</title>
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  <author><name>Quentin Delval</name></author>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <summary>La crise actuelle est une nouvelle occasion d'illustrer la théorie mimétique. Les lecteurs assidus de notre ami Girard auront déjà noté qu'il a par le passé déjà affirmé que la dérégulation était la condition suffisante pour un accroissement des risques de crash boursier. Comment, depuis...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;La crise actuelle est une nouvelle occasion d'illustrer la théorie mimétique. Les lecteurs assidus de notre ami Girard auront déjà noté qu'il a par le passé déjà affirmé que la dérégulation était la condition suffisante pour un accroissement des risques de crash boursier. Comment, depuis la perspective mimétique, cela s'explique-t-il ?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Avant de se lancer dans l'explication, il faut préciser qu'il ne s'agit pas ici de réduire l'économie et la bourse dans son ensemble aux mécanismes mimétiques. L'économie, c'est-à-dire la loi de l'échange, est plus complexe que ce que la théorie mimétique peut révéler. L'intérêt de la théorie mimétique ici est à mon avis de mettre en perspective la représentation de ce système, et non les détails de son fonctionnement. Explication.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La théorie mimétique affirme que les êtres humains ne s'échangent pas des biens n'importe comment : une relation d'échange est une relation dans laquelle on désire acquérir des biens, et/ou se séparer de certains autres. La loi du désir est celle de l'imitation. Si nous voulons nous approprier quelque chose (ici par exemple, des actions en bourse), nous le faisons en imitant, en empruntant le désir des autres. C'est &lt;i&gt;parce que&lt;/i&gt; nous percevons qu'une autre personne désire acquérir cette chose que nous le voulons aussi. Cela est important pour décrire la &lt;b&gt;&lt;i&gt;spéculation&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; (qui est une partie de l'économie). La spéculation n'est que le résultat d'un mimétisme d'appropriation : c'est parce que les actionnaires se représentent le fait que beaucoup d'autres actionnaires désirent acheter telles actions, qu'ils vont les acheter aussi. On peut comparer ça, dans une certaine mesure, à un simple phénomène de mode. Le concept qui est utilisé pour décrire ce genre de mouvement boursier est la &lt;b&gt;&lt;i&gt;confiance&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;. Quand un investisseur a confiance, il achète. Quand il perd la confiance, il revend. Or le contenu de la confiance n'est que la volonté de céder au mimétisme. Faire confiance, cela signifie seulement penser (ou sentir) que s'approprier les mêmes choses que les autres est une bonne idée. Le manque de confiance, c'est le contraire, c'est-à-dire penser qu'imiter ceux qui veulent acquérir quelque chose est une mauvaise idée. C'est un phénomène mimétique dans les deux cas : imiter le désir de s'approprier quelque chose, ou imiter celui de la rejeter, c'est essentiellement la même chose, le résultat de l'imitation de l'intention des autres de s'approprier/ne pas s'approprier, un bien.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La spéculation, donc, a pour contenu l'imitation. Si cette imitation n'était pas présente, il ne pourrait y avoir de spéculation. C'est ce qui permet de décrire les mouvements en hausse ou en baisse très radicaux sur les marchés financiers. Par exemple telle entreprise annonce un nouveau produit : les actions montent soudainement - la compagnie a augmenté sa cotte de confiance, c'est-à-dire que les actionnaires pensent qu'il est bon d'imiter ceux qui ont investi en elle. Malheureusement on découvre que telle entreprise ne sortira jamais son produit, ou qu'il est dangereux pour la santé : sa valeur boursière s'écrase tout d'un coup, la confiance ayant été perdue, c'est-à-dire que les actionnaires pensent qu'il est bon d'imiter ceux qui se séparent de leur investissement en elle.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Une économie excessivement financière, basée sur la spéculation, est donc très vulnérable aux mouvement mimétiques. Bien entendu, dans une crise comme celle qui a lieu actuellement, l'origine des difficultés financières ont une origine factuelle : ce sont des évènements précis qui entraînent par exemple une impossibilité de remboursement de crédit, et donc une perte de confiance. Cependant l'idée est ici de dire que, d'une part, les stratégies ayant entraîné cette perte de confiance sont développées pour profiter de la spéculation (et donc de la possibilité de créer de la valeur grâce à l'imitation), et d'autre part que c'est la nature du système lui-même, et pas simplement les actes d'individus isolés, qui conduit à ce genre de situation. Ou plutôt : un système spéculatif, de part sa vulnérabilité au mimétisme, rend possible les stratégies financières qui ont conduit à la crise actuelle. (Et nous supposons qu'elles ont été développées dans la perspective de profiter de la spéculation, ce qui semble évident).&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Autrement dit, dans l'économie spéculative, la valeur est - par définition - artificielle, mais dans la mesure où c'est la &quot;quantité d'imitation&quot;, ou le &quot;potentiel mimétique&quot; d'une action qui détermine sa valeur. &lt;b&gt;La valeur &lt;i&gt;est&lt;/i&gt; définie par un mécanisme mimétique&lt;/b&gt;. Ce n'est pas qu'une compagnie &quot;vaut&quot; soudain réellement plus, comme si elle avait recouvert ses murs d'or ou vendus soudain des millions de voitures en plus, etc. Sa valeur est fonction de la force mimétique de son action (d'où l'importance des effets d'annonce en bourse, et de l'image des sociétés). Si elle perd cette capacité à polariser le mimétique sur elle, sa valeur diminue.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pourquoi le crash actuel ? Nous sommes dans un &lt;b&gt;contexte dérégulé&lt;/b&gt;. C'est du moins ce qu'on entend tout le temps dans les médias. Or la fonction d'une règle, c'est toujours (dit Girard) de contrôler le degré de mimétisme présent entre les gens dans les échanges. C'est d'éviter, par exemple, les emballements mimétiques, qui conduisent aux crises. Le parallèle avec la crise actuel est évident : la perte de valeur est en emballement mimétique de revente (manque de confiance absolu), qui mène logiquement à une crise réelle où les échanges s'arrêtent. Là est le problème : si le système d'échange mis en place (l'économie) s'arrête, cela signifie que nous sommes très proches de la violence physique entre les gens. S'ils n'ont plus un moyen de médiatiser leurs échanges, comme le permet l'argent, ils se retrouvent forcés de trouver d'autres moyens d'acquérir les objets de leur désir. &lt;b&gt;La fonction de l'argent&lt;/b&gt; - qui n'a plus de valeur si l'économie s'effondre - est essentiellement de rendre les échanges entre les gens &lt;b&gt;pacifiques&lt;/b&gt;. Pour s'en convaincre il suffit de voir ce qu'il se passe quand il n'est plus possible d'échanger grâce à lui : les temps de guerre ou de catastrophe naturelle (par exemple Katrina détruisant la Nouvelles Orléans) sont toujours le théâtre d'une violence spontanée entre les gens pour obtenir ce qu'ils veulent.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Voilà aussi pourquoi les états développent tant d'efforts à protéger l'économie. Sans elle, c'est un peu la loi de la jungle. Voilà aussi pourquoi on entend tout le temps parler de la confiance, et que les chefs d'états ne cessent de dire qu'ils vont &quot;rétablir la confiance sur les marchés&quot;. Il faut relancer la capacité des gens à imiter l'intention d'appropriation des autres sur les marchés, car cela utilise tout simplement l'argent, et non la force physique bête et méchante.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il est cependant intéressant d'écouter ce que disent les chefs d'état. Angela Merkel a déclaré en début de cette semaine la chose suivante : &quot;La première leçon à tirer de la crise actuelle c'est qu'il faut demander des comptes aux responsables&quot;. Elle a été rejointe en cela par Nicolas Sarkozy. Encore une fois, du point de vue Girardien, c'est très simple. Il s'agit pour eux de trouver des &quot;responsables&quot;, des bouc émissaires, dont la fonction sera de porter sur leurs épaules les fautes ayant conduit à la situation actuelle. Comme dans le cas d'un bouc émissaire classique, ce n'est pas sur la nature mimétique du système qu'on s'interroge, ce n'est pas en réfléchissant au fait ce que sont nos emballements mimétiques, nos désirs conjoints, qui mènent à une crise globale : c'est  à trouver un coupable que l'on va expulser que l'on passe son temps.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;C'est, en ce moment, la fameuse histoire des &lt;b&gt;parachutes dorés&lt;/b&gt;. On agite des marionnettes comme Laurence Parisot qui, avec son sourire médiatique, répète solennellement &quot;c'est la fin des parachutes dorés !&quot;. Voilà. Elle le jure : c'est fini. Bon, oui, et ? Le lien avec la crise financière ? Ca par contre, on en parle pas, on suppose ce lien, et c'est suffisant. C'est la raison qu'il nous faut pour qu'on se sente mieux, et c'est bon. Par contre au niveau des faits, les indemnités de départ de patrons, qui vont dans les millions d'euros, n'ont aucune espèce d'importance dans le déroulement d'une crise comme celle que nous vivons. Dans un contexte où il est question de plusieurs milliers de milliards (quand même!) manquants, ça n'a strictement aucun intérêt. C'est une façon de contrôler les foules. On compare l'indemnité du chômeur à celle du grand patron, et il devient évident que ce dernier est un salopard qui a contribué à l'appauvrissement du contribuable, qui va devoir payer 700 milliards pour sauver sa banque.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Mais au fond, ce n'est que nier les propriétés mimétiques du système de la spéculation dérégulée. Ce n'est que risquer à nouveau la crise dans quelques années. C'est, finalement, faire exactement ce que Girard explique : créer la méconnaissance du mimétisme qui est à la base des échanges, et régler les crises par le sacrifice. La crise économique actuelle est, de ce point de vue, une sorte de régression du développement de la culture.&lt;/p&gt;</content>
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  <title>Long Time No See</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.amha.be/renegirard/index.php?2008/10/06/56-long-time-no-see" />
  <issued>2008-10-06T21:03:50+02:00</issued>
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  <author><name>Quentin Delval</name></author>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <summary>Voilà déjà longtemps que je n'ai plus posté sur le Blog, par manque de temps principalement. Des billets se préparent cependant dans l'ombre et j'essayerai d'en publier un dès que possible. En attendant, si vous êtes un nouveau visiteur et que vous désirez en apprendre un peu sur le théorie...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;Voilà déjà longtemps que je n'ai plus posté sur le Blog, par manque de temps principalement. Des billets se préparent cependant dans l'ombre et j'essayerai d'en publier un dès que possible. En attendant, si vous êtes un nouveau visiteur et que vous désirez en apprendre un peu sur le théorie mimétique de René Girard, je vous suggère de consulter &lt;a href=&quot;http://www.amha.be/renegirard/index.php?2006/04/07/29-mardi-de-la-cithare-presentation-au-cep-du-28-mars&quot;&gt;la présentation que nous avons faite de ses thèses dans ce billet&lt;/a&gt; (cliquez). Pour des illustrations, consultez les rubriques (à droite du blog), notamment &quot;Cinéma&quot; où nous avons tenté d'utiliser la boîte à outils conceptuelle de Girard pour fournir des analyses intéressantes.&lt;/p&gt;</content>
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  <title>Le parasitage du langage courant.</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.amha.be/renegirard/index.php?2008/01/17/55-le-parasitage-du-langage-courant" />
  <issued>2008-01-17T15:43:21+01:00</issued>
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  <author><name>Quentin Delval</name></author>
  <dc:subject>Questionnements</dc:subject>
  <summary>Ca fait déjà un certain temps que je ne trouve pas vraiment de contenu viable pour le site. En cause : l'infinité des exemples potentiellement intéressants, et l'aspect pluridisciplinaire des analyses à faire. Il est frappant, par exemple, quand on écoute et qu'on lit les débats autour du...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;Ca fait déjà un certain temps que je ne trouve pas vraiment de contenu viable pour le site. En cause : l'infinité des exemples potentiellement intéressants, et l'aspect pluridisciplinaire des analyses à faire. Il est frappant, par exemple, quand on écoute et qu'on lit les débats autour du comportement du président français, de voir que la presse se débat avec son propre comportement mimétique. Que ce soit dans le cas de &lt;a href=&quot;http://www.rue89.com/2007/11/28/villiers-le-bel-les-recits-de-laccident&quot;&gt;l'accident des deux jeunes en mini-moto&lt;/a&gt;, de la &lt;a href=&quot;http://www.rue89.com/mon-oeil/nicolas-sarkozy-et-carla-bruni-zut-comment-lannoncer&quot;&gt;vie privée de Sarkozy&lt;/a&gt;, ou du déroulement des conférences de presse, on assiste à une rapide baisse de qualité de fonctionnement du système d'information. Plus influençable par les manipulations de ceux qui, au lieu d'être sujet de l'info en deviennent les producteurs, plus partiale dans l'analyse des faits, plus divisée dans le silence en face d'absurdité de langage et de comportement du président... La sensation d'une crise d'indifférenciation maintenue sous cloche se fait sentir.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;On peut aussi multiplier les cas amusants, comme celui des &lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3242,36-996574,0.html?xtor=RSS-3208&quot;&gt;basketteurs de la NBA&lt;/a&gt; pris pour cibles par les fans, ce qui semble surprendre tout le monde. Ou parler du durcissement envers les conditions d'exclusions de certaines catégories de personnes, &lt;a href=&quot;http://www.rue89.com/2008/01/12/centres-pour-detenus-dangereux-la-loi-de-trop&quot;&gt;notamment les prisonniers&lt;/a&gt;, ou &lt;a href=&quot;http://www.liberation.fr/actualite/societe/304185.FR.php&quot;&gt;les étudiants&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Tous ces exemples, et bien d'autres, auraient pu faire l'objet d'un billet séparé détaillant comment la mécanique sacrificielle contribue à leur évolution. Il me semble plus intéressant de voir qu'ils participent tous à une même logique, qui est celle, à tout le moins, d'une transformation institutionnelle. Laquelle est interprétée par mes soins comme un affaiblissement de l'institution sous le poids du sacrificiel. Le cas du comportement de la presse française est emblématique, quand, pris dans son ensemble, on se rend compte de la métamorphose que lui impose celle du monde politique (main dans la main avec l'économique, dans ce cas). La fonction de médiation de l'institution est affaiblie ou perdue dans la majorité des cas. La presse ne fait pas son travail d'information, avec un regard critique et comparé, ni avec mémoire du passé : elle se réduit dans bien des cas à une simple ressource partagée manipulée par un pouvoir supérieur à d'autres. La justice, ensuite, se modifie dans beaucoup de domaines en allant vers l'exclusion plus simple et rapide de certaines catégories de personnes. La famille nucléaire voulue par le vingtième siècle, aussi, ne médiatise plus l'apprentissage du désir de consommation, comme on le cas des basketteurs américains en est un symbole.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Et alors, dira-t-on, et alors ? C'est bien là qu'est le problème, il n'y a pas d'alternative visible au déroulement des choses. Pire : plus les évènements vont dans ce sens, plus on en redemande. Ce qui, intuitivement, me semble correspondre à l'affaiblissement d'une autre institution, fondamentale, elle : le langage. Jusqu'ici plus ou moins préservé d'un monopole du sens dans le domaine public (en opposition au &quot;privé&quot;), il semble que les grands États de ce monde soient décidés à appliquer une stratégie de contrôle de la production du sens des mots, à leur avantage. Autrement dit, les espaces de discussion et les temps de remise en question des mots sont plus rares, plus courts, plus univoques. Le sens s'impose comme unique et le fragment d'information comme l'Information elle-même. On pourra nommer les stratagèmes comme l'on veut (saturation de l'espace visuel et conceptuel, arguments d'autorité, etc.), peu importe. Il est par contre devenu objectif que l'ambiance des discussions (sur le) publiques ressemble à un jeu de pitres, voire de lego vocal, où chacun, pris par un emballement, joue son rôle dans la mascarade. Toujours au niveau de l'anecdote, on trouvera notamment un exemple assez vicieux de ce phénomène dans la récente &lt;a href=&quot;http://vivelefeu.blog.20minutes.fr/archive/2008/01/11/salir-badiou.html&quot;&gt;&quot;attaque&quot; contre Alain Badiou&lt;/a&gt; dans les pages de Libération.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;D'où une question qui émerge : la théorie mimétique peut-elle rendre compte des distorsions du langage et penser une éventuelle solution à ce type d'emballement très invisible ? Quand l'exclusion se joue au niveau des concepts eux-mêmes, quels outils procure-t-elle ?&lt;/p&gt;</content>
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  <title>La crise financière des subprime - les limites d'un système d'analyse rationnel ?</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.amha.be/renegirard/index.php?2007/09/11/52-la-crise-financiere-des-subprime-les-limites-d-un-systeme-d-analyse-rationnel" />
  <issued>2007-09-11T15:23:00+02:00</issued>
  <modified>2007-09-11T15:23:00+02:00</modified>
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  <author><name>Quentin Delval</name></author>
  <dc:subject>Illustrations</dc:subject>
  <summary>L'étalement de la crise dite "des subprime" dans les médias ravive les discussions autour des fondements du système économique occidental. Les uns défendent les fondations dites saines, expliquant que les crises peuvent survenir mais que c'est en les étudiant qu'on les préviendra à l'avenir,...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;L'étalement de la crise dite &quot;des subprime&quot; dans les médias ravive les discussions autour des fondements du système économique occidental. Les uns défendent les fondations dites saines, expliquant que les crises peuvent survenir mais que c'est en les étudiant qu'on les préviendra à l'avenir, les autres dénoncent la fragilité de toute l'économie qui, dans sa financiarisation finit par provoquer des absurdités telles que les bulles spéculatives, qui créent de la valeur de façon totalement artificielle. La crise des subprime serait l'illustration de cette absurdité puisqu'à valeur artificielle ne correspond pas de valeur réelle, et le système s'effondre. Mais le fonctionnement du système économique n'est pas l'objet de ce court billet. Ce qui nous intéresse dans le cas présent, c'est la réaction du système face à son propre dysfonctionnement.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il y a une crise d'envergure. On parle de 3 à 7 millions de familles perdant leur maison, et même d'une menace &quot;de la stabilité financière de la planète&quot; [Le Monde - 07.09.07]. Forcément, les &quot;experts&quot; essayent de savoir d'où elle vient et comment y mettre fin. Seulement voilà, ici, même si le mécanisme de base est connu (le seuil où les remboursements ne suivent plus et les intérêts montent en flèche, créant un cercle vicieux), on ne parvient pas à localiser LA faille. Nul ne sait combien de temps ça va durer, nul ne sait ce qu'il faut faire exactement pour gérer le problème, on réinjecte des liquidités, on baisse des taux, mais au final, ça continue. L'article &quot;La crise de confiance s'aggrave sur les marchés&quot; publié dans Le Monde du 7 septembre, montre à quelle conclusion en arrivent les analystes.&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;&lt;em&gt;&quot;Pourquoi personne ne parvient à localiser la faille ? Comment en est-on arrivé à une situation si paradoxale ? Nous manquons d'explications&quot;&lt;/em&gt;, constate Philippe Brossard, économiste chez Euler Hermes. De fait, la crise a une part d'irrationalité qui semble auto-alimentée par les inquiétudes des investisseurs.&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Ce passage est intéressant pour plusieurs raisons. D'abord pour le présupposé de rationalité qu'il dévoile : quand les choses ne vont pas comme on s'y attendait dans le système, on dit qu'il y a comportement irrationnel. C'est une méthode efficace pour rejeter une possible remise en cause du système lui-même, en rejetant hors de ses frontières le dysfonctionnement. Le système EST rationnel, faut-il comprendre, et s'il y a problème, c'est parce qu'un élément irrationel, DE FAIT, est-il écrit, vient le perturber. C'est donc OBJECTIF, pour le journaliste qui écrit, et probablement une majorité de la profession.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Mais ce qui marque davantage et nous rapproche de la théorie mimétique, c'est l'intuition concernant la nature de cette irrationalité qui est proposée : elle semble être auto-alimentée par les inquiétudes des investisseurs ! Plus loin on peut lire &lt;em&gt;&quot;tout le monde se regarde en chien de faïence&quot;&lt;/em&gt;, ou &lt;em&gt;&quot;l'ingrédient principal qui manque, c'est la confiance&quot;&lt;/em&gt;. Le lien entre confiance et rationalité est vite fait, mais tout le monde réagit comme si le manque de confiance était irrationnel.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pourtant, il suffit de se dégager de ce présupposé rationnel pour voir que le modèle économique qui le définit ne considère qu'une seule facette de ce qu'on peut appeler la rationalité, une facette très moderne qui tend à gommer tout ce qui peut introduire de l'incertitude dans les prévisions du marché. Le but du système est de fournir un environnement fonctionnel et stable, donc certain, aux investisseurs, traders, etc. Devient rationnel ce qui entre dans ce cadre de stabilisation du système, et devient irrationnel ce qui en sort. Malheureusement, les crises chroniques viennent questionner cet état de fait en montrant que malgré toutes les précautions prises, et bien, ça ne marche pas si bien. Pourquoi ? Peut-être parce que ce présupposé rationnel néglige un élément anthropologique fondamental au sein de ses fondements, qui est tout simplement le comportement mimétique de la bourse, des échanges en général, de ses acteurs. C'est assez paradoxal dans la mesure où c'est en jouant sur ce mécanisme que l'on crée de la valeur (effets d'annonce, etc.) en bourse, mais lorsqu'il y a une crise, personne ne semble pouvoir appliquer ce modèle sur lui-même et voir que la crise vient aussi surtout du comportement mimétique des acteurs qui, voyant les uns se désengager, le font exactement par suite d'une mimesis d'appropriation. Le &quot;désir&quot; de posséder change de camp : ce dont personne ne veut, personne n'en voudra. Ca paraît très simpliste dans le cadre d'une économie mondiale ôh combien complexe, et pourtant...&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pourtant c'est parfaitement rationnel, et nullement étonnant d'un point de vue anthropologique et girardien. C'est même prévisible, ce qui constitue de ce point de vue une critique des fondements du système économique occidental. Il n'est pas capable d'intégrer dans son fonctionnement la composante mimétique, qui introduit non pas de l'incertitude comme il le pense, mais une autre mécanique que celle mise en place. Envisager la transformation du système est théoriquement possible - il n'y a, a priori, pas de raison de penser que cette composante ne puisse pas être intégrée au fonctionnement des marchés. N'étant pas économiste, j'aurais bien du mal à en proposer une forme ou l'autre, cependant. L'idée étant simplement ici que le présupposé de rationalité du système pourrait s'ouvrir à la catégorie mimétique pour améliorer son fonctionnement...&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Et du coup cesser d'être sacrificiel. Car un autre élément étonnant de cette crise, c'est bien son aspect sacrificiel. Que se passe-t-il concrètement ? Des privés ne peuvent plus rembourser des prêts aux banques, qui elles-mêmes se retrouvent en difficulté pour rembourser les leurs auprès des autres banques, qui refusent aussi de leur en prêter davantage pour s'en sortir, étant donné l'incertitude qui règne. Réaction ? Les autorités monétaires internationales protègent le marché, le système, en injectant des liquidités (c'est-à-dire des offres de prêt aux banques qui en ont besoin et ne parviennent plus à emprunter aux autres banques). Le résultat c'est la sauvegarde des banques, mais... les privés qui payent la note, laissés sur la touche. C'est pas de bol pour Monsieur X qui avait souscrit à un prêt à taux variable. Au final : le système espère se sauvegarder, voire même se retrouver renforcé par la crise (comme n'importe quelle communauté), appuyé qu'il est sur la faillite des emprunteurs individuels, qui font structurellement office de bouc émissaire de façon assez évidente. Pour eux, point de salut : ils ont tout perdu, et c'est tout. N'y a-t-il pas là aussi un élément gérable par la théorie mimétique (au moins théoriquement) ?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ceci n'est qu'une intuition sur le fonctionnement global, n'étant pas économiste j'invite toute personne ayant un point de vue différent ou des remarques à formuler, à laisser un commentaire ou m'envoyer un mail.&lt;/p&gt;</content>
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  <title>La mimesis d'appropriation chez les primates supérieurs.</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.amha.be/renegirard/index.php?2007/09/05/51-la-mimesis-d-appropriation-chez-les-primates-superieurs" />
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  <author><name>Quentin Delval</name></author>
  <dc:subject>Illustrations</dc:subject>
  <summary>Petite vidéo pour rigoler, montrant le mécanisme de mimesis d'appropriation chez un chimpanzé. Comme vous le verrez, la configuration de l'événement insiste très fort sur la symétrie des situations, l'identique des deux, le même. La convergence des désirs est inévitable et ce singe a une...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;Petite vidéo pour rigoler, montrant le mécanisme de mimesis d'appropriation chez un chimpanzé. Comme vous le verrez, la configuration de l'événement insiste très fort sur la symétrie des situations, l'identique des deux, le même. La convergence des désirs est inévitable et ce singe a une réaction qui semble étrangement humaine. Bon, ne faites pas trop attention à la forme, ça vient du japon...&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;object width=&quot;425&quot; height=&quot;350&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/cvvRvTteP_E&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/cvvRvTteP_E&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; wmode=&quot;transparent&quot; width=&quot;425&quot; height=&quot;350&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/p&gt;</content>
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  <title>Colloquium on Violence and Religion 2007 : Vulnerability and Tolerance - short review.</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.amha.be/renegirard/index.php?2007/09/03/50-colloquium-on-violence-and-religion-2007-vulnerability-and-tolerance-short-review" />
  <issued>2007-09-03T13:52:04+02:00</issued>
  <modified>2007-09-03T13:52:04+02:00</modified>
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  <author><name>Quentin Delval</name></author>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <summary>Ce billet vous propose de découvrir, à travers les yeux de votre serviteur, la COV&amp;R, la conférence sur la violence et la religion, qui réunit chaque année des personnes du monde entier autour de la théorie mimétique. Elle s'est déroulée du 4 au 8 juillet à Amsterdam, et son thème principal était "Vulnerability and Tolerance", ce qui prenait un sens concret par rapport aux assassinats de Pim Fortuyn et Théo Van Gogh, ainsi que l'exil de Hirsi Ali. Mais la conférence aborde cette question de façon très large, et je vais par conséquent essayer de rendre justice à son envergure en donnant quelques détails sur son déroulement.</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">Ce billet vous propose de découvrir, à travers les yeux de votre serviteur, la COV&amp;R, la conférence sur la violence et la religion, qui réunit chaque année des personnes du monde entier autour de la théorie mimétique. Elle s'est déroulée du 4 au 8 juillet à Amsterdam, et son thème principal était &quot;Vulnerability and Tolerance&quot;, ce qui prenait un sens concret par rapport aux assassinats de &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Pim_Fortuyn&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Pim Fortuyn&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9o_Van_Gogh&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Théo Van Gogh&lt;/a&gt;, ainsi que l'exil de &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Ayaan_Hirsi_Ali&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Hirsi Ali&lt;/a&gt;. Mais la conférence aborde cette question de façon très large, et je vais par conséquent essayer de rendre justice à son envergure en donnant quelques détails sur son déroulement. &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.uibk.ac.at/theol/cover/girard_network.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;La COV&amp;R&lt;/a&gt; (prononcez &quot;cover&quot;) est un événement mondial qui se déroule chaque année, en alternance entre l'Europe et les USA. Elle réunit des personnes ayant un intérêt pour la théorie mimétique venant de tous les horizons, aussi bien géographiques qu'intellectuels. On y trouve de simples passionnés, tout comme des chercheurs ou professeurs d'université, discutant ensemble, présentant leurs idées, sur les travaux de Girard et ses prolongations. Je vous propose, en deux temps, de vous donner une idée de ce qu'il s'y dit, et de l'ambiance qui y règne. Il faut pour cela parler d'une part de l'organisation et du déroulement des journées, et d'autre part des présentations en elles-mêmes.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;b&gt;Le déroulement de la conférence et l'organisation&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La conférence se déroulait donc sur 5 jours, le premier à Amsterdam même, et les suivants à Soesterberg, dans un hôtel muni de salles de conférences, pas trop loin de là. Chaque jour proposait une succession de conférenciers qui prenaient la parole entre 30 et 50 minutes sur un thème annoncé dans le programme, dont le texte pouvait être lu à l'avance soit &lt;a href=&quot;http://www.bezinningscentrum.nl/links/special_links3/abstracts.shtml&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;sur le site&lt;/a&gt; qui reprend la totalité des interventions, soir sur la clé usb que chaque inscrit reçoit lors de son arrivée à la conférence, et qui contient les mêmes textes. La sélection des conférenciers dépendait uniquement de la pertinence de leur texte, et nous avons donc eu l'occasion d'entendre à la fois des &quot;professionnels&quot; (profs d'université, etc.), et des &quot;amateurs&quot; n'ayant pas de reconnaissance institutionnelle particulière, mais possédant une connaissance que qualité indéniable de la théorie mimétique.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.amha.be/renegirard/images/firstsession.jpg&quot; border=&quot;1&quot;&gt;&lt;br&gt;&lt;i&gt;Session inaugurale à l'université d'Amsterdam.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le premier jour s'est déroulé en &quot;plenary session&quot;, c'est-à-dire des présentations communes, où un conférencier s'adresse à la totalité des participants, qui étaient environ 300. Ensuite, les jours suivants proposaient à la fois des &quot;plenary sessions&quot; et des sessions &quot;parallèles&quot;, c'est-à-dire que plusieurs conférenciers présentaient leur texte en même temps dans des salles différentes, et chaque participant était libre de se rendre à celle qu'il préférait. D'autre part, certains soirs, certaines activités étaient proposées, comme la projection d'un film ou d'une interview de Girard, etc. Le rythme de la conférence était très bien équilibré, et malgré la quantité d'interventions par jour, il était facile de suivre chacune d'entre elles et de rester concentré sur ce qu'il se disait. Il faut cependant noter que la participation à la conférence requiert un bon niveau d'anglais, et je dirais même d'anglais &quot;international&quot;, car beaucoup d'intervenants n'ayant pas l'anglais pour langue maternelle, leur accent est parfois difficile à suivre. Sans être méchant, il faut parfois savoir discuter et écouter en &quot;mauvais anglais&quot;, ce qui demande un peu d'adaptation. Quoi qu'il en soit, l'organisation des conférences en sessions parallèles est une très bonne idée qui permet de vivre la conférence autour des thèmes qui nous intéressent et pas seulement des présentations imposées à tous.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Quels étaient les subdivisions ? &lt;a href=&quot;http://www.bezinningscentrum.nl/links/special_links3/program.shtml&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Le programme est disponible sur le site&lt;/a&gt;, mais je peux donner quelques exemples : le premier jour, une table ronde autour de l'intérêt de la théorie mimétique dans les problèmes mondiaux de violence a été organisé avec des intellectuels de tous horizons ; le second ce fut une discussion sur le traitement médiatique des bouc émissaires, et l'identité dans un monde incertain, des sessions sur les concepts de vulnérabilité et tolérance du point de vue mimétique ; le troisième jour voyait des interventions se dérouler au sujet de la tradition théologique, ou des systèmes complexes, du traitement légal de la victimisation, ou de la littérature du vingtième siècle... etc. Les horizons étaient donc multiples et la possibilités de se constituer un programme personnalisé aussi.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.amha.be/renegirard/images/tsmith_nikolauswandinger.jpg&quot; border=&quot;1&quot;&gt;&lt;br&gt;&lt;i&gt;Nikolaus Wandinger et Theosophus Smith (Autriche &amp; USA)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L'autre gros élément positif de la conférence, ce sont les rencontres que l'on y fait. Je n'y ai très franchement rencontré que des personnes ouvertes et disposées à la discussion, dans une démarche de réel échange et d'écoute mutuelle, sans hypocrisie. Cet esprit d'ouverture caractérise l'ensemble de la conférence, où le contact humain est vraiment simple et permet de nouer des liens, soit amicaux, soit même &quot;professionnels&quot; (si on peut dire) pour mener des projets communs sur la théorie mimétique. La composante humaine vaut le déplacement, et il est bien sûr impossible en quelques lignes de restituer l'ouverture d'esprit et la diversité des opinions et arguments échangés au cours de ces quelques jours. Mais il est important de noter que participer à la COV&amp;R se fait dans un environnement amical et ouvert, et que les rencontres s'y font naturellement, et que moi-même n'y connaissant quasiment personne, me suis vite retrouvé à discuter avec pas mal de gens.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dernier point qui pourrait en intéresser certains : matériellement, tout était également très bien organisé. Je ne suis personnellement pas resté loger à l'hôtel où se déroulait la conférence, mais les commodités et le confort général (repas, chambres etc.) étaient vraiment impeccables, ce qui a quand même son importance quand on reste 5 jours sur place. D'autre part un &quot;recreational program&quot; a été organisé qui a permis de découvrir un peu Amsterdam et de se faire rencontrer tout le monde dans un cadre plus vivant que celui de l'hôtel, ce qui était une très bonne initiative.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.amha.be/renegirard/images/suzannelundquist.jpg&quot; border=&quot;1&quot;&gt;&lt;br&gt;&lt;i&gt;Suzanne Lundquist (USA)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;b&gt;Le contenu des interventions&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La première chose à relever concernant les textes présentés, c'est leur grande qualité générale, ainsi que la diversité des domaines abordés. Ces deux éléments sont vraiment positifs, et étant donné le fait que les sessions sont subdivisées en plusieurs groupes, chacun peut se diriger vers le domaine qui l'intéresse le plus, rendant la participation à la conférence, la plupart du temps, assez active, étant donné que les personnes présentes lors d'une allocution y trouvent un réel intérêt personnel. Cela crée des conditions de partage de la connaissance et de dialogue, qui se sont souvent concrétisées dans des discussions constructives autour des thèmes abordés. La seule exception à ces conditions furent les sessions sur le conflit israélo-paletinien, sur lesquelles je reviendrai ensuite.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cependant, la COV&amp;R se concentre essentiellement sur l'application de la théorie mimétique, en tant qu'outil explicatif, à des champs originaux, des problèmes qui posent des difficultés à la compréhension et aux théories sociales en général. Quelle qu'en soit la qualité, il s'agit d'une démarche &quot;descriptive&quot;, dans le sens où ce qui est visé, c'est la correspondance entre l'hypothèse mimétique et le réel. En tant que philosophe de formation, mes attentes on été, de ce point de vue, assez déçues par le contenu de la conférence, du moins dans les premiers jours. En effet, je m'attendais davantage à des tentatives &quot;d'amélioration&quot; conceptuelle de la théorie girardienne, à des essais de développement conceptuel qui tendent à mener plus loin les outils conceptuels développés par Girard. Par exemple en la confrontant à d'autres modèles, d'autres hypothèses, ou en réfléchissant au lien entre théorie mimétique et philosophie, que Girard lui-même ne développe pas, étant donné sa méfiance pour la philo. Il n'y avait d'ailleurs pas beaucoup de &quot;philosophes&quot; de formation sur les lieux, ce qui explique peut-être le pourquoi du comment.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.amha.be/renegirard/images/danielcojocaru.jpg&quot; border=&quot;1&quot;&gt;&lt;br&gt;&lt;i&gt;Exposé de Daniel Cojocaru (Suisse)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Au niveau des textes eux-même, la plupart des intervenants, d'après moi, utilisaient la théorie mimétique comme outil d'analyse de certaines réalités, soit sociales (des cas de violence, d'exclusion), soit littéraires (analyse de films ou d'oeuvres majeures), avec pour objectif toutefois d'être normatif, c'est-à-dire de présenter une réalité dont on ne pense pas qu'elle puisse se ramener au cadre mimétique, et en proposant d'expliquer que oui, et que cela apporte un éclaircissement ou une nouvelle manière d'aborder le problème. Etant donné la quantité d'interventions, il m'est impossible de les passer en revue individuellement, ce que les plus passionnés pourront cependant faire en lisant les articles mis à disposition sur le site COV&amp;R, ou en écoutant les quelques enregistrement que je met à disposition.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En résumé, la COV&amp;R est une rencontre d'envergure mondiale, où le contact humain est favorisé et facilité, et le contenu intellectuel très soigné. Le seul bémol de ce point de vue fut la session sur le conflit israélo-palestinien, où deux professeurs de l'université d'Haïfa, l'un israélien et l'autre palestinien, étaient censé nous livrer leur analyse de la situation pour aller vers un dialogue constructif. Malheureusement celui-ci n'a pas pu avoir lieu, car chacun d'eux a, en gros, dressé une liste de reproche à l'autre camp, en minimisant sa responsabilité dans le conflit, avec une véhémence un peu... &quot;trop&quot;. Au moins, c'était une bonne indication de l'étendu du problème, mais c'était assez décevant de leur part. Pour avoir personnellement discuté avec le professeur israélien pendant deux heures, je peut vous dire que cette session sur le conflit ne s'est pas juste mal passée par manque de chance : étant donné le tableau que ce monsieur faisait de la réalité, il n'y avait aucune possibilité pour ce dialogue constructif (mais c'est une autre histoire). Cela étant dit, ce n'était qu'une petite partie du programme, et ça n'a pas eu de répercussion sur la qualité du reste.&lt;/p&gt;

&lt;img src=&quot;http://www.amha.be/renegirard/images/simondekeukelaere.jpg&quot; border=&quot;1&quot;&gt;&lt;br&gt;&lt;i&gt;Simon de Keukelaere (Belgique)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;A tous ceux qui se seraient déjà posé la question de la participation à la COV&amp;R mais qui n'y ont pas été par crainte d'être trop peu spécialisé ou de se sentir &quot;noyé dans la foule&quot;, j'aurai donc à dire que rien de tout ça ne devrait vous empêcher de vous y rendre. Puisqu'elle se tient un an en Europe et un an aux USA, il y a de fortes chances pour qu'il faille attendre deux ans avant d'y avoir de nouveau accès (le déplacement jusqu'en Amérique pour l'occasion étant quand même un peu cher, bien que de nombreux américains fassent le déplacement vers l'Europe). Mais pour quiconque s'intéresse à la théorie mimétique, c'est une expérience réellement positive.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;PS : je mettrai dans les temps qui viennent quelques enregistrement sonores en ligne.&lt;/p&gt;</content>
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  <title>Apocalypto</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.amha.be/renegirard/index.php?2007/05/26/49-apocalypto" />
  <issued>2007-05-26T22:03:40+02:00</issued>
  <modified>2007-05-26T22:03:40+02:00</modified>
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  <author><name>Quentin Delval</name></author>
  <dc:subject>Cinéma</dc:subject>
  <summary>Mel Gibson est depuis la sortie de son dernier film, Apocalypto, la cible des plus virulentes critiques de la part d'experts en civilisations anciennes, d'anthropologues et d'historiens. Ce long métrage prend en effet place au temps des Mayas, sans en respecter l'histoire, sous la forme d'une aventure sanglante, chasse à l'homme spectaculaire, dans le cadre d'une civilisation dépeinte injustement comme cruelle et violente. Du moins c'est cela que disent les critiques. Tout est-il à jeter dans ce film ? Ne peut-on pas en sauver quelques meubles en montrant qu'il propose une perspective qui ne se révèle que sous le point de vue mimétique ? Essai.</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;p&gt;Mel Gibson est depuis la sortie de son dernier film, Apocalypto, la cible des plus virulentes critiques de la part d'experts en civilisations anciennes, d'anthropologues et d'historiens. Ce long métrage prend en effet place au temps des Mayas, sans en respecter l'histoire, sous la forme d'une aventure sanglante, chasse à l'homme spectaculaire, dans le cadre d'une civilisation dépeinte injustement comme cruelle et violente. Du moins c'est cela que disent les critiques. Tout est-il à jeter dans ce film ? Ne peut-on pas en sauver quelques meubles en montrant qu'il propose une perspective qui ne se révèle que sous le point de vue mimétique ? Essai.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Storyline et critiques&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apocalypto c'est donc l'histoire d'un village Maya mis à sac par d'autres Mayas venus de la ville. Très vite le film met en scène une violence crue, et le héros (Jaguar Pawn) devient un véhicule pour le spectateur, au sens précis où en le suivant, la caméra nous entraîne dans un voyage depuis la jungle jusqu'au cités Mayas où se déroulent des sacrifices humains en masse. Le film se concentre sur cet homme qui fera tout pour échapper à la mort, la culture Maya n'étant vue &quot;qu'en passant&quot; depuis ses yeux de condamné traîné dans les rues. Voilà pour le résumé de l'histoire.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Qu'en disent les critiques ? Une des objections qui revient souvent - outre la non-fidélité historique de certains éléments - est que Mel Gibson met en scène une violence d'une telle intensité qu'il porte vraiment atteinte à l'honneur de la culture Maya. Bien que les historiens ne prétendent pas que les Mayas étaient un peuple tout gentil tout rose qui ne connaissait pas ce phénomène que l'on appelle la violence, les voir mis en scène en train de sacrifier et d'organiser le sacrifice à grande échelle, voilà qui en est trop. Pourquoi ? Car les Mayas, nous rappelle-t-on, étaient cultivés, ils connaissaient l'astronomie, les mathématiques, et beaucoup d'autres sciences. Jamais, par conséquent, ils n'auraient pu être &quot;réduits&quot; à être des sacrificateurs en masse, des serial-sacrificateurs pourrait-on dire. On reproche dès lors logiquement à Mel Gibson de ne pas avoir rendu justice à la culture Maya, qu'on n'aperçoit qu'entre deux bains de sang, sans contextualisation plus large, sans nuance, sans réflexion, etc. Ce que les critiques voient dans ce film est finalement une enième horreur hollywoodienne teintée de colonialisme (regardez comme ces indigènes étaient méchants) moralisateur qui plus est (ne faisons pas comme eux). On trouve les critiques &lt;a href=&quot;http://www.mediacritiques.com/apocalypto-debate/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;regroupées sur cette page&lt;/a&gt;, qui donne des références diverses sur le débat permettant de ce faire une idée.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;b&gt;Un film mettant en scène la violence ou le sacrifice ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ce qu'on lui reproche donc c'est son abondance de violence, de violence, de violence, à l'exclusion de tout le reste, c'est-à-dire la valorisation de la culture Maya dans ce qu'elle avait de noble. Les critiques voient du sang et disent : ce film représente la violence. Ils ont certainement raison sur ce point, à ceci près que la violence n'est pas uniforme, et que le sacrifice en est une incarnation précise, particulière, qui ne s'analyse pas que comme un simple fait divers de meurtre.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je propose de saisir ce film sous l'angle mimétique pour nuancer sa lecture et valoriser des aspects que les critiques n'ont pas vu ou voulu voir. Ceci étant, il est évident que ces critiques ont &quot;raison&quot; sur de nombreux points (le film n'est pas fidèle historiquement, etc.), mais ce n'est pas l'objet de cet article que de dire si c'est un &quot;bon&quot; film ou non. Le but est plutôt de montrer que le message de ce film n'était pas de glorifier la violence mais d'en exposer le mécanisme. Le mécanisme sacrificiel, précisément.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;b&gt;Les éléments clés&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le film met donc en opposition deux fonctionnement d'une même société. D'une part le village dans la jungle et de l'autre la ville qui vient les capturer pour en faire des bouc émissaires à sacrifier. C'est dans cette opposition - incarnée dans la violence - qu'il faut regarder les détails qui montrent que Gibson n'entend pas faire simple étalage de sang, mais faire comprendre le mécanisme victimaire. Comment se décode cette réflexion sur le sacrifice ?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Par le degré de mimétisme d'appropriation atteint par l'une et l'autre communauté, et par la connaissance que chacun ont du mécanisme mimétique. Prenons la communauté du village. Leur apparence est recherchée : tous abordent bijoux, tatouages, scarifications esthétiques. Mais d'une façon assez simple, sans surenchère. Leur mode de vie est apparemment pacifié, chacun semble avoir sa place, sans exclus, mendiants, et la forme d'exclusion rendue visible est simplement du niveau de la boutade sur l'un des hommes du village qui n'arrive pas à faire d'enfants, dont on rigole, mais il rit avec tout le monde. Le soir, le village se réunit autour d'un ancien qui leur livre un grain de sagesse sous forme d'un conte. Je reviendrai à celui-ci par la suite.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.amha.be/renegirard/share/images_apocalypto/1.jpg&quot;&gt;&lt;br&gt;&lt;i&gt;(l'apparence des gens du village)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Prenons maintenant la communauté de la ville, les chasseurs y compris. Nous découvrons de prime abord une société presque industrielle où l'esclavage est massif. En même temps, nous voyons que les champs sont morts, rongés par une peste quelconque. La société est en crise et génère beaucoup d'exclusion : l'esclavagisme semble aller de pair avec le niveau de difficulté rencontré par la société pour se nourrir et rester saine. Cela se voit sur les humains. Leur apparence est esthétiquement beaucoup plus raffinée, recherchée, complexe, surchargée. Il suffit de regarder les coiffes des femmes, la profusion de pierres précieuses, de tatouages se recouvrant les uns les autres, les plumes rares de couleur exhibées. Paradoxalement, la ville ressemble plus à une &quot;jungle&quot;, c'est la loi de tous contre tous. Dès que quelqu'un laisse tomber quelques pièces tout le monde se bat pour les ramasser. La tension est palpable et on est loin de la situation pacifiée du village. Ici le degré de mimétisme entre les individus est très élevé : en témoignent les raffinements stylistiques en tous genres arborés par les plus riches.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.amha.be/renegirard/share/images_apocalypto/6.jpg&quot;&gt;&lt;br&gt;&lt;i&gt;(une société d'esclavagisme et d'exclusion)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.amha.be/renegirard/share/images_apocalypto/12.jpg&quot;&gt;&lt;br&gt;&lt;i&gt;(l'apparence des gens de la ville)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.amha.be/renegirard/share/images_apocalypto/11.jpg&quot;&gt;&lt;br&gt;&lt;i&gt;(l'apparence des gens de la ville)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La ville est en crise : les champs meurent. C'est une crise au sens girardien : une situation qui touche tout le monde sans distinction, une situation d'indifférenciation qui génère de la violence. Les hiérarchies sociales sont mises en danger par cette dégénérescence, les repères sont brouillés. La crise mimétique, accompagnée de sa surenchère mimétique et du besoin d'expulser cette violence, sont là. Les hommes capturés dans la forêt sont l'outil de cette pacification, ils sont les bouc émissaires. Sur leur passage, les mains se lèvent, on les salue. Ce détail n'est pas anodin. La société Maya en crise a conscience de son besoin envers eux pour rester unifiée, tant sa fragilité est grande. Les Mayas sacrifient sans cesse pour assouvir le besoin d'expulsion de la violence de la foule, en attendant un changement, un geste divin (qui se matérialisera dans le film par une éclipse solaire).&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.amha.be/renegirard/share/images_apocalypto/13.jpg&quot;&gt;&lt;br&gt;&lt;i&gt;(on salue les sacrifiés (en bleu))&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.amha.be/renegirard/share/images_apocalypto/8.jpg&quot;&gt;&lt;br&gt;&lt;i&gt;(les champs se meurent)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.amha.be/renegirard/share/images_apocalypto/15.jpg&quot;&gt;&lt;br&gt;&lt;i&gt;(le sacrificateur parle des champs avant le sacrifice)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;b&gt;Une réponse aux critiques et la mimesis.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ce qui est mis en scène n'est pas un comportement violent, bête et méchant des Mayas de la ville. Du haut de leur pyramide, en sacrifiant tour à tour les captifs, ils ne font que répondre au mécanisme mimétique par le mécanisme sacrificiel. De fait, l'état avancé de leur civilisation leur permet de mettre en scène ce sacrifice de façon à maintenir une communauté très nombreuse dans une paix relative. Du moins, ils la préservent jusque là de l'éclatement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les critiques du film ont argumenté qu'il était incohérent peu crédible de présenter les Mayas sous cet angle violent, tant ils étaient cultivés et leur civilisation avancée. C'est là le symptôme de la lecture qui a été faite de ce film : il n'y a aucune relation entre le degré de développement culturel et le recul de la violence et du sacrificiel. Il suffit d'ailleurs d'y comparer le monde actuel pour s'en rendre compte. L'occident a marché sur la lune mais livre et a livré des guerres génocidaires à plusieurs endroits du globe (ne citons que l'Irak). Nous avons toujours tendance à associer violence et sacrifice à bêtise et comportement &quot;primitif&quot; au sens péjoratif du terme. Mais cette relation est injustifiée. Que les Mayas aient conçu leur célèbre calendrier et connu la mécanique astrale n'est en rien un argument pour dire qu'ils n'auraient pas pu avoir de comportement sacrificiel. Tous comme le fait que les Etats-Unis soient assez avancés pour construire des fusées et des satellites ne signifie pas qu'ils ne puissent être capable de déclencher des guerres d'après des motifs sacrificiels. (Et ils ne sont qu'un exemple, d'autres peuvent être cités pour l'Europe, l'Asie, et en fait tous les continents et pays dits &quot;développés&quot;).&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.amha.be/renegirard/share/images_apocalypto/16.jpg&quot;&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Un élément peut convaincre de la volonté de Gibson à montrer le sacrificiel plutôt que le violent. Il s'agit de ce moment où l'ancien du village raconte son histoire autour du feu. Il leur raconte une histoire sur l'homme et son désir de possession (tiens tiens...). En voici la retranscription : &lt;br&gt;
And a man sat alone&lt;br&gt;
drenched deep in sadness&lt;br&gt;
And all the animals drew near him and said :&lt;br&gt;
&quot;We do not like to see you sad...&lt;br&gt;
Ask us for whatever you wish and you shall have it.&quot;&lt;br&gt;
The man said : &quot;I want to have good sight.&quot;&lt;br&gt;
The vulture replied : &quot;You shall have mine.&quot;&lt;br&gt;
The man said : &quot;I want to be strong.&quot;&lt;br&gt;
The jaguar said : &quot;You shall be strong like me.&quot;&lt;br&gt;
Then the Man said : &quot;I long to know the secrets of the earth.&quot;&lt;br&gt;
The serpent replied : &quot;I will show them to you.&quot;&lt;br&gt;
And so it went with all the animals.&lt;br&gt;
And when the Man had all the gifts that they could give...&lt;br&gt;
he left.&lt;br&gt;
Then the owl said to the other animals : &lt;br&gt;
&quot;Now the Man knows much and is able to do many things...&lt;br&gt;
suddenly I am afraid.&quot;&lt;br&gt;
The deer said : &quot;The Man has all that he needs. Now his sadness will stop.&quot;&lt;br&gt;
But the owl replied : &quot;No.&quot;&lt;br&gt;
&quot;I saw a hole in the Man... Deep like a hunger he will never fill....&quot;&lt;br&gt;
&quot;It is what makes him sad and what makes him want.&quot;&lt;br&gt;
&quot;He will go on taking and taking...&quot;&lt;br&gt;
&quot;Until one day the World will say : &quot;I am no more and I have nothing left to give.&quot;&quot;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ce qui donne en français :&lt;br&gt;
Un homme était assis seul&lt;br&gt;
profondément enfouis dans la tristesse.&lt;br&gt;
Et tous les animaux vinrent près de lui et dirent :&lt;br&gt;
&quot;Nous n'aimons pas te voir triste&lt;br&gt;
demande nous ce que tu veux et tu l'auras.&quot;&lt;br&gt;
L'homme dit : &quot;Je veux avoir une bonne vue.&quot;&lt;br&gt;
Le vautour lui répondit : &quot;Tu auras la mienne.&quot;&lt;br&gt;
L'homme dit : &quot;Je veux être fort.&quot;&lt;br&gt;
Le jaguar dit : &quot;Tu seras fort comme moi.&quot;&lt;br&gt;
L'homme dit : &quot;Je désire connaître les secrets de la terre.&quot;&lt;br&gt;
Le serpent répondit : &quot;Je te les montrerai.&quot;&lt;br&gt;
Et il en fut ainsi de tous les animaux.&lt;br&gt;
Et quand l'Homme eut tous les cadeaux qu'il purent donner,&lt;br&gt;
il partit.&lt;br&gt;
Le hiboux dit alors aux autres : &lt;br&gt;
&quot;Maintenant l'homme sait beaucoup de choses et est capable d'en faire autant...&quot;&lt;br&gt;
&quot;Et j'ai soudain peur.&quot;&lt;br&gt;
Le cerf dit : &quot;L'homme a tout ce dont il a besoin. Sa tristesse va cesser.&quot;&lt;br&gt;
Le hiboux répondit : &quot;Non.&quot;&lt;br&gt;
&quot;J'ai vu un creux dans l'Homme... profond tel une faim qu'il ne pourra jamais assouvir...&quot;&lt;br&gt;
&quot;C'est cela qui le rend triste et lui fait vouloir...&quot;&lt;br&gt;
&quot;Il continuera à prendre et à prendre...&quot;&lt;br&gt;
&quot;Jusqu'au jour où le monde dira : Je ne suis plus et n'ai plus rien à donner.&quot;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cette histoire dite au village est une explication claire du mécanisme mimétique. Le &quot;creux dans l'homme&quot;, c'est le désir mimétique. Cette fable n'a qu'un seul sujet : le désir illimité de l'homme, qui bien que satisfait de ses besoins, aura toujours envie, aura toujours le désir de s'approprier encore autre chose. Et s'il ne trouve pas de façon de limiter lui-même cette tendance, il lui en coutera son monde. C'est-à-dire qu'il épuisera tant les capacités de sa communauté à rester soudée, que de par son activité la terre qui le nourrit. Le parallèle avec les champs infestés près de la Ville est immédiat. &quot;Le Monde&quot; est à prendre tant sens propre qu'au figuré, comme la terre mais aussi le social, le culturel lui-même, qui ne peut résister à une charge mimétique trop élevée.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;C'est donc bien explicitement cette opposition qu'Apocalypto met en scène : la société qui &lt;i&gt;sait&lt;/i&gt; le mimétique, qui se raconte l'histoire du mimétique autour du feu, face à celle qui a échoué face à lui, et s'y retrouve entièrement plongée et prisonnière. La violence représentée dans toute la première moitié du film est organisée autour du sacrificiel, et uniquement autour du sacrificiel. Gibson met en relation le comportement mimétique de la Ville avec son comportement sacrificiel, en ne négligeant aucun détail du comportement de cette foule vis-à-vis des sacrifiés. Ce que ne relèvent jamais les critiques du film, d'ailleurs. Je ne peux que conseiller de visionner le film pour s'en rendre compte, afin d'éviter ici d'en retranscrire longuement tous les détails.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Que le film souffre certes de tares historiques qu'il appartient aux experts d'élucider, et en dehors de tout jugement de valeur le concernant, il met cependant en scène la violence d'une façon bien plus intelligente qu'on ne veut le dire. Gibson témoigne d'une connaissance du mécanisme mimétique et sacrificiel et offre au spectateur une illustration de la relation entre les deux. Limitée, évidemment, puisque son métrage reste un film tourné à la Hollywood, qui s'apparente plus au film d'action qu'au film de réflexion. Mais il n'empêche. Les détails du film le guident vers une cohérence qui n'a rien d'accidentel et qui, en effet, nous permet de faire une série de parallèles avec notre monde actuel (par exemple : de quoi la mode est-elle le symptôme, quelle est la raison d'être de notre modèle d'agriculture, etc.).&lt;/p&gt;</content>
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  <title>Le mécanisme victimaire et mimétique appliqué à la structuration des partis politiques.</title>
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  <issued>2007-04-06T14:12:38+02:00</issued>
  <modified>2007-04-06T14:12:38+02:00</modified>
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  <author><name>Quentin Delval</name></author>
  <dc:subject>Illustrations</dc:subject>
  <summary>Très court billet pour vous faire part d'un article disponible ici : http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=2907 dont le titre, "Le centrisme comme erreur anthropologique... et Bayrou comme vote révolutionnaire", annonce bien la couleur du contenu. Le Centrisme y est abordé sous...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;Très court billet pour vous faire part d'un article &lt;a href=&quot;http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=2907&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;disponible ici : http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=2907&lt;/a&gt; dont le titre, &quot;Le centrisme comme erreur anthropologique... et Bayrou comme vote révolutionnaire&quot;, annonce bien la couleur du contenu. Le Centrisme y est abordé sous l'angle de l'indifférenciation, source d'une résurgence de la violence dans la structuration politique elle-même. L'auteur s'explique ensuite sur les possibles évolutions des partis, avec une belle illustration de la puissance générative du mécanisme victimaire.&lt;/p&gt;</content>
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  <title>La valeurs des bien de consommation et la mimesis : le prix ne détermine pas la valeur.</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.amha.be/renegirard/index.php?2007/03/27/47-la-valeurs-des-bien-de-consommation-et-la-mimesis-le-prix-ne-determine-pas-la-valeur" />
  <issued>2007-03-27T18:36:00+02:00</issued>
  <modified>2007-03-27T18:36:00+02:00</modified>
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  <author><name>Quentin Delval</name></author>
  <dc:subject>Illustrations</dc:subject>
  <summary>Je vous propose de vous pencher sur un exemple récent de comportement mimétique qui touche au fonctionnement de la société de consommation. Il s'agit d'un domaine de l'industrie qui génère des milliards d'euros de chiffre d'affaire par an, et dont on parle finalement peu : les jeux vidéos....</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;Je vous propose de vous pencher sur un exemple récent de comportement mimétique qui touche au fonctionnement de la société de consommation. Il s'agit d'un domaine de l'industrie qui génère des milliards d'euros de chiffre d'affaire par an, et dont on parle finalement peu : les jeux vidéos. Dernièrement la presse s'est prise d'un engouement pour le phénomène de la nouvelle génération de consoles de jeux, dont chaque sortie est couverte par des dizaines de journalistes interrogeant, le micro fébrile, les premiers acheteurs de ces produits ludiques, lors de soirées d'ouvertures dans les magasins ouvrant leurs portes à minuit rien que pour ça. En somme : le phénomène de consommation de jeux vidéos a pris une énorme ampleur sur la marché ces derniers temps, et il fascine d'autant plus qu'il semble déclencher l'ire des foules pour des raisons inconnues.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cet exemple est intéressant parce qu'il met en scène trois grands industriels (Nintendo, Microsoft, et Sony) qui cherchent à polariser l'envie d'achat (le désir) des consommateurs sur leurs produits, et qu'ils sont obligés pour ce faire de recourir plus que jamais à des techniques qui sortent complètement de la réalité du produit. Par exemple si vous vendez des voitures, vous développerez bien entendu une image de vie associée à celle-ci (avoir telle voiture c'est être riche et puissant, ou cool et branché), vous vanterez sa sécurité et ses performances techniques, mais globalement la voiture reste le centre de l'attention et est censée être désirée pour elle-même. Dans le cas des consoles de jeux, on assiste à un autre phénomène : la technique marketing consiste à créer ce qu'on appelle un &quot;buzz&quot; (c'est-à-dire un désir mimétique) autour de la sortie de la console pour donner envie aux gens de l'acheter, peu importe finalement le produit lui-même. Si ce buzz est réussi, les ventes décollent et atteignent des millions d'unités en quelques semaines. La presse a relevé que Nintendo a par exemple réussi avec sa &quot;Wii&quot; à générer une vente telle que des mois après la sortie, ils ne peuvent toujours pas fournir assez de consoles pour tout le monde.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il s'agit donc ici du même mécanisme que pour la vente de tout autre produit, mais qui fonctionne à l'exponentielle. La place du buzz est déterminante. Le désir d'appropriation du produit dépasse alors ce qu'on peut généralement observer autour d'un bien de consommation (sauf peut-être pendant les soldes, où on assiste toujours à des bagarres). La valeur de l'objet - qui, rationnellement, reste disponible sur le marché après le jour de sa sortie - s'envole alors parce que tout le monde le veut le jour même où il est mis sur le marché. Rien d'autre que le fonctionnement du désir mimétique d'appropriation ne peut expliquer cette envolée de la valeur de l'objet. On peut voir dans la vidéo ci-dessous ce qu'il se passe lors de la sortie de la PS2 de Sony en 2000 : le mécanisme mimétique est en place, et les organisateur de la soirée d'ouverture ont placé l'objet désiré &lt;i&gt;au centre&lt;/i&gt; de la foule, qui va converger vers lui. Il en résulte inévitablement une violence entre les individus qui en viennent aux mains. D'un point de vue girardien il s'agit d'une évidence qu'ils n'ont pas anticipé. On voit sur cette vidéo les agents de sécurité engloutis par la foule. C'est une belle illustration du mécanisme d'appropriation et de la genèse de la violence.&lt;/p&gt;

&lt;div style=&quot;text-align center;&quot;&gt;&lt;object width=&quot;425&quot; height=&quot;350&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/pt6ZUhn6nFQ&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/pt6ZUhn6nFQ&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; wmode=&quot;transparent&quot; width=&quot;425&quot; height=&quot;350&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;

&lt;p&gt;En résumé nous avons donc là l'illustration du fait qu'un objet peut prendre une valeur qui dépasse énormément celle qu'il est censé avoir de par lui-même.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La semaine passée a eu lieu le lancement de la PS3, la console succédant à celle-là. On a observé le phénomène inverse : un bide total, avec 1000 clients attendus pour l'occasion, et entre 50 et 100 acheteurs qui se sont déplacés. Sony avait mis en place une grosse infrastructure pour essayer d'endiguer la foule et éviter la cohue de 2000, mais personne n'est venu. L'ensemble des journalistes présents (il y en avait plus que de clients) a analysé cet échec (que n'avait pas subi leur concurrent Nintendo quelques mois auparavant pour la sortie de la Wii) par l'arrogance de Sony : comprenez que Sony n'a pas pris la peine de générer un &quot;buzz&quot; sur internet dans les jours précédent la sortie de sa console, et que sa campagne marketing générale n'a pas non plus réussi à susciter la mimesis autour de cet objet. L'image de marque de Sony a tellement été déteriorée ces derniers mois par son incapacité à générer une mimesis que l'effet inverse se produit : les acheteurs se désintéressent de la console. Et a nouveau, au-delà de raisons liées à la valeur matérielle et fonctionnelle de la console. L'effet mimétique s'est inversé. D'un point de vue &quot;objectif&quot;, ses performances et ses capacités à divertir sont au moins équivalentes aux autres, elle n'est pas par elle-même &quot;moins bonnes&quot;. C'est aussi par le jeu de la mimesis d'appropriation que la valeur diminue dans des proportions étonnantes. Le vidéo ci-dessous rapporte la situation de cette soirée de lancement où on voit l'étendue de l'échec commercial qui a de quoi surprendre.&lt;/p&gt;

&lt;object width=&quot;428&quot; height=&quot;282&quot; classid=&quot;clsid:D27CDB6E-AE6D-11cf-96B8-444553540000&quot; codebase=&quot;http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0&quot; &gt;&lt;param name=movie value=&quot;http://www.jeux-france.com/flash/flvplayer.swf?videoid=7564&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.jeux-france.com/flash/flvplayer.swf?videoid=7564&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; width=&quot;428&quot; height=&quot;282&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;

&lt;p&gt;Nous avons donc là l'illustration du fait qu'un objet peut perdre sa valeur de façon &quot;exagérée&quot; par rapport à celle qu'il est censé avoir en lui-même&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Parmi les nombreux à avoir commenté l'événement, on trouve notamment cette jolie anecdote sur le site du &lt;a href=&quot;http://www.journaldugamer.com/index.php?2007/03/23/4926-lancement-de-la-ps3-en-france-chroniques-d-un-fiasco&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;journal du gamer&lt;/a&gt;, dans l'avant dernier paragraphe :&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;J'ai même vu un couple repartir sans PS3, je leur ai demandé pourquoi ? Ils m'ont tout simplement répondu que vu le peu d'engouement, ils n'étaient plus du tout tentés alors qu'ils avaient fait le déplacement !&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;En termes d'illustration du mécanisme mimétique, la &quot;guerre des consoles&quot; procure une matériau assez clair. Le mécanisme dominant et déterminant dans le phénomène de consommation est la mimesis d'appropriation. Ceux qui réussissent à la déclencher en observent les effets immédiats, ceux qui échouent aussi : pour des objets au statut comparable en soi et plus ou moins équivalents, les différences de réaction (frénésie acquisitive / désintérêt total) sont indépendantes de l'objet lui-même, et dépendantes du vecteur imitation qui leur a été ou non greffé.&lt;/p&gt;</content>
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  <title>Annonce - vidéos mises à jour.</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.amha.be/renegirard/index.php?2006/12/18/45-annonce-videos-mises-a-jour" />
  <issued>2006-12-18T17:01:45+01:00</issued>
  <modified>2006-12-18T17:01:45+01:00</modified>
  <id>http://www.amha.be/renegirard/index.php?2006/12/18/45-annonce-videos-mises-a-jour</id>
  <author><name>Quentin Delval</name></author>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <summary>Juste un petit mot pour indiquer que les vidéos illustrant notre présentation de la théorie mimétique, que nous avions donnée en avril (disponible ici) ont été mises à jour, certains lecteurs nous ayant informé de problèmes d'image et/ou de son. Elles ont été mises en ligne sur google...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;Juste un petit mot pour indiquer que les vidéos illustrant notre présentation de la théorie mimétique, que nous avions donnée en avril (&lt;a href=&quot;http://www.amha.be/renegirard/index.php?2006/04/07/29-mardi-de-la-cithare-presentation-au-cep-du-28-mars&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;disponible ici&lt;/a&gt;) ont été mises à jour, certains lecteurs nous ayant informé de problèmes d'image et/ou de son. Elles ont été mises en ligne sur google vidéo qui fonctionne apparemment très bien.&lt;/p&gt;</content>
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