Je regarde par la fenêtre dans un moment d'absence. Etendus au-delà de la vaste pelouse, des arbres se carressent doucement, grâce au léger souffle qui parcourt la ville. Je suis attiré et étonné par leur vert. Cette couleur redevient quelques instants unique, comme une anomalie, une préciosité improbable, chatoyante. Le soleil en traverse les feuilles et révèle à l'esprit ce que les yeux pourtant ne voient pas : ces arbres sont verts. Leur réalité en est si fine qu'aucuns pixels d'appareil numérique ne pourrait y faire justice. Ces arbres sont verts, et, source d'angoisse, silencieux.